Actualités du Cloud

publié le jeudi 13/04/2017

Cet hébergeur luxembourgeois a renforcé en mars sa présence en France avec une prise de participation minoritaire au capital de l'infogéreur Digora. Cette alliance est la première d’une série dans les pays européens francophones, dont la France. EBRC prévoit de porter son chiffre d'affaires à 100 ME dès 2020. Elles lui serviront aussi à créer de nouveaux services IT qu’il dévoilera en 2017.

 

Magazine CBP (www.channelbp.com) : Pourquoi l'hébergeur luxembourgeois EBRC s'implante-t-il en France avec le rachat d'une partie du capital de Digora en mars 2017 ?

Yves Reding, PDG d'EBRC (European Business Reliance Centre), une filiale de la Poste et de l’opérateur télécoms luxembourgeois spécialisée dans l'hébergement haut de gamme des infrastructures IT : En fait, EBRC se renforce en France avec cette prise de participation car nous disposions déjà d'une succursale à Paris. EBRC devient aussi l’actionnaire majoritaire de la filiale de Digora à Luxembourg. Notre plan de développement en Europe n’est pas nouveau. Il y a 18 mois, le groupe a démarré une étude pour renforcer nos implantations dans des pays francophones tels que la Suisse, la France et la Belgique. Je précise au passage que nos quelques 200 collaborateurs sont majoritairement francophones. EBRC peut désormais proposer ses offres de services, incluant des offres de conseil et de sécurité aux quelques 400 clients français de Digora.

 

Pourquoi avoir choisi un spécialiste français de l'infogérance et des bases de données comme Digora ?

EBRC a discuté avec plusieurs acteurs dans le cadre des différentes opérations de croissance externe que nous prévoyons de réaliser en Europe dès 2017. Nous cherchions une société dont le chiffre d'affaires avoisine 20 ME, et qui est très pointue dans son domaine. Notre choix s'est arrêté finalement sur Digora, car ce prestataire nous permet de compléter notre chaîne des services IT, du conseil à l’hébergement, et de nous renforcer dans les bases de données. Ses compétences nous seront utiles pour lancer de nouveaux services IT en 2017.

 

Quelles sont les compétences qui vous paraissent les plus utiles chez Digora pour lancer vos nouveaux services IT en 2017 ?

EBRC et Digora ont des modèles économiques complémentaires. Nous apprécions le savoir-faire de Digora dans l'infogérance et les bases de données, du type Oracle et MySQL. L’équipe de Digora réalise essentiellement des opérations d’infogérance à distance (avec des sondes) sur les bases de données de ses clients. Je souligne qu'il existe très peu de recouvrement entre nos compétences respectives.

 

Le rachat de Digora marque-t-il l'abandon de la neutralité chère à EBRC dans l'hébergement des infrastructures IT ?

Non, EBRC est indépendant des constructeurs IT et nous continuerons de gérer de manière neutre les infrastructures IT de nos clients dans nos data centers.

 

EBRC prévoit-il de réaliser d’autres acquisitions en Europe dès 2017 ?

Oui, car EBRC prévoit d'atteindre les 100 ME de chiffre d'affaires dès 2020, tant en croissance organique qu'avec des opérations de croissance externe. EBRC devrait mener d’autres prises de participations potentielles en France, en Suisse et en Belgique. Nous en avons besoin pour capter les nombreux marchés très cloisonnés dans les 28 pays européens. EBRC affiche des ambitions européennes dans l’espace numérique européen en cours de construction.

 

Quels types d'acteurs EBRC prévoit-il d'acheter en France et en Europe ?

EBRC s’intéresse par exemple aux spécialistes de la cyber sécurité, en France notamment. EBRC a déjà bien positionné sur ce marché, où le groupe a obtenu de nombreuses certifications, dont celles de l’Otan, démontrant l’excellence de nos installations et services.

 

EBRC est-il une entreprise profitable ?

Oui, EBRC a enregistré en 2016 une très bonne croissance organique (+22%) pour atteindre environ 70 ME de chiffre d'affaires. Notre croissance était déjà de 19% en 2015.

 

EBRC restera-t-il que sur le haut de gamme de l’hébergement et des services managés en Europe, région où vous êtes l'un des très rares opérateurs indépendants de data centers certifiés tier 4 ?

Oui. EBRC restera un centre d’excellence européen dans la gestion des informations sensibles grâce à notre maîtrise des opérations IT de bout en bout sur l’ensemble de la chaîne numérique. Ce que nous appelons aujourd'hui le « haut de gamme » deviendra la base demain car le niveau d'exigence des clients pour garantir la confidentialité et la sécurité de leurs données augmente, de même que leurs besoins en termes de disponibilité de leurs services IT. A titre d'information, nos data centers tier 4 ont enregistré 0 seconde d’interruption depuis 2000 !

 

Suite au rachat de Digora, EBRC prévoit-il d'ouvrir un data center certifié tier 4 en France ?

Il y a deux ans, EBRC disposait déjà des plans et des terrains nécessaires pour en bâtir un en France. Mais nous avons changé de priorités et focalisé nos investissements sur les services IT à valeur ajoutée pour accompagner nos clients dans leurs projets de transformation digital, avant de leurs proposer des capacités d’hébergement. EBRC deviendra hébergeur des données de santé car le médical est un secteur stratégique pour le groupe.

 

Quels types de clients ciblez-vous dans ces pays francophones en Europe ?

EBRC cible tout particulièrement des acteurs de la banque, de la finance et de l’industrie pharmaceutique notamment.

 

EBRC ne redoute-t-il pas les grands Gafa américains, qui multiplient les points de présence en France et en Europe depuis 2016 ?

J'estime que le problème de localisation des data centers devient accessoire dès que l’on peut fournir aux clients une équipe de support sur place.

 

EBRC peut-il rivaliser avec ces grands hébergeurs et opérateurs Cloud américains en Europe ?

EBRC est plus souple commercialement que ces Gafa. En outre, nous pouvons, via notre alliance avec Digora, proposer à nos clients des services IT et offres d'hébergement de haute qualité, tant à Paris qu'en région, dans des villes telles que Bordeaux, Lille, Rennes, Strasbourg, Toulouse. Mais force est de constater que les marchés du Cloud et de l'hébergement sont toujours dominés par les Gafa américains. L’Europe doit créer rapidement des champions capables de proposer des solutions alternatives.

 

Olivier Bellin

bellin@channelbp.com

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